Le Moyen Age
Après la chute de Rome, Belluno fut-elle aussi
touchée par les différentes vagues d'invasions barbares
qui changèrent sans doute le visage de la ville : Visigoths,
Vandales, Hérules, Huns d'Attila, Ostrogoths de Théodoric.
En 553 D.C., après la mort de Théodoric, Belluno devint
byzantine.
Les Byzantins continuèrent la fortification
de Belluno et de ses alentours commencée sous Théodoric,
conscient du danger lombard.
En effet, en 568 les Lombards arrivèrent à
Belluno, par la route du Frioul, et occupèrent les terres de
la plaine (Vicence, Vérone). Ultérieurement, ils fortifièrent
Belluno, devenue une base avancée, point stratégique important
contre les Byzantins (qui les menaçaient par la mer) et contre
les Francs (qui venaient du nord-ouest).
Selon nos historiens, la vie civile semble avoir retrouver un certain
équilibre durant cette période lombarde. La romanisation
et la conversion au catholicisme permirent une cohabitation ou acculturation
plus facile des deux populations présentes à Belluno.
Plusieurs témoignages d'une longue présence lombarde
à Belluno sont perceptibles dans la top onomastique, dans la
langue et dans les pièces archéologiques. "Il semble
assuré que Belluno, avec la proximité des villes du Frioul,
a résisté longtemps a l'invasion des Francs, aux cotés
des capitaines lombards, avant d'accepter la souveraineté de
Charlemagne "(B.Zanenga).
Les Francs, pour affaiblir les duchés trop forts
et trop étendus, divisèrent le territoire en comtés.
Pour ce faire, ils s'appuyèrent sur les Évêques.
Il eut été plus difficile de compter sur l'aide des nobles,
alors trop puissants.Le premier prince évêque, investi
du pouvoir sur les possessions de l'église, fut un certain Aimone
(882).
Avec le gouvernement aristocratique du prince évêque,
la ville médiévale se dessina : château, murailles,
portes et tours. Celle-ci est abondamment documentée et est bien
illustrée dans d'anciennes reproductions. Durant la même
période, les espaces intérieurs furent également
aménagés. Il s'agit de la place du Dôme avec la
Cathédrale et du palais des Évêques (actuel Auditorium),
de la place du marché (l'actuelle Place des Herbes), et du "centre
des affaires" entouré de quartiers comprenant les maisons
de la petite noblesse locale, et finalement du système routier
(avec l'axe principal nord-sud: Via Mezzaterra).
Un siècle plus tard, Jean II, évêque
belliqueux, accéda au pouvoir. Il fortifia davantage la ville
et en agrandit les limites, en annexant des portions de territoire qui
faisaient auparavant partie de la plaine.
Pendant cette période, l'on posa les jalons de la future "
constitution " communale qui fut terminée en 1200, avec
la nomination d'un "Podestat".
En 1196, lors d'une guerre avec Trévise, récurrentes à
l'époque, une chanson militaire est née. Il s'agit d'une
chanson célébrant la victoire dont les historiens de la
littérature affirment qu'elle est " le premier document
poétique du nouveau vulgaire. Elle porte le titre de " Rythme
bellunese ", en voici la transcription récente de Giambattista
Pellegrini:
De Castel d'Ard av li nost bona part.
I lo getàtut intro lo flum d'Ard.
Sex cavaler de Tarvis li pui fer
Con sé dusé li nostre cavaler.
(B.Zanenga)
Durant cette période, jusqu'à ce que la ville se livre
volontairement à Venise (en 1404), Belluno subit d'ininterrompues
invasions, soit des villes voisines soit de puissances étrangères
: Ezzelino da Romano (Trévise), les Scaligeri de Vérone,
les Da Carrara de Padoue et, encore, les Visconti et coetera. Par delà
cette situation politique faite de hauts et de bas, le gouvernement
de la ville devint stable.